" L'homme et la
femme, l'amour, qu'est-ce ? Un bouchon et une bouteille."
- bouteille à la mer, petit bouchon de la grande odyssée en prose de M. Joie - " Pa-Pa-pas-Né-Mo, répète "
-Some Penny and Ulysses of mine-
Dans 3 mois à ce jour, quand 4 jours, indiens, seront passés au trépas de l'été, il fera 27 révolutions après la première fessée.
Va savoir si fessée il y eut, j'aime à me dire que oui. Je me figure qu'à mon matin, mes 4 kilos de plis, mon derrière transi - dans tes rêves, miracle de la vie - avait déjà la boude intraitable
et la télé-machie. Première friction, premiers maux, premiers pas-pas-pas de ma valse.
T'as fini de trainer au lit, c'est l'heure de l'école de la vie.
"Tout va bien, madame, vu comme elle est rembourrée, elle a peut-être rien senti, mais m'est avis que vous avez là une bourrique entêtée, celle-là, elle comprendra que les coups, je vous le
dis, d'ailleurs, tiens, je m'en vais vous apprendre, soyez bien attentive, tout est dans le poignet".
Ta vie commence au 12ème arcane, si tu pleures pas, t'auras la fessée. On coupe le cordon pour mieux te pendre par les pieds. J'imagine maman spéculée
attendant que j'hurle bien fort au monde que je suis bien sa fille tant désirée. Sa fille, pas ce premier essai raté, ce grand-frère mort-né qui me manquera toute l'enfance et même longtemps
après. Mon coeur, ma vie, mon âme, qu'est-ce qui te ferait plaisir pour ton anniversaire ? Dis-moi, princesse, tu veux quoi pour Noël
cette année ? -- Pourquoi tu continues à demander, si c'est pour chaque fois m'arnaquer, je veux un grand frère, j'enveux pas de tes poupées.
Résultat, j'en avais 10 - pour compenser - et autres succédanés, et je trouvais moyen de bouder ( elle comprend que les coups, celle-là, madame, on vous le répètera donc jamais assez ? ).
Pas parce que j'étais gâtée - non, assurément pas, d'ailleurs, j'étais parfaite, si tu me crois pas, demande à ma mère - mais parce que j'ai jamais rien demandé d'autre à la vie, aux autres, aux
horaires de bus ( Quoi, savez pas lire, mamzelle ? C'est écrit là, en petit "à titre in-di-ca-tif" : Redis un peu pour voir que je sais pas lire, et je t'apprendrai à pas pousser sur mes
limites du subjonctif ), au pressing qui jure qu'il peut ravoir les tâches de sangria ou à l'étiquette d'un paquet de riz, que de tenir ses promesses. Pas d'en faire. Simplement, de
les tenir. Qu'autrement, on se retrouve à faire une crise de nerf parce que le riz est imbouffable, des envies d'aller fourrer dans la gorge du teinturier une robe à 250 E.
irrécupérable pour qu'il s'étouffe avec - mais on peut pas parce qu'on se déplace en bus et que c'est trop difficile de s'enfuir en trainant la patte.
T'as fini de trainer au lit, c'est l'heure de l'école de la vie. Une ingrate, madame, et qui se croit plus maligne, heureusement que le père a la poigne plus ferme.
Donc tu sors tranquille de ta caverne, un peu éblouie, d'accord, t'es pas née aveugle, même, t'es pas encore borgne, et tu t'apprêtes, donc, à faire tranquille, ton petit bonhomme de chemin (et fissa encore, sisi,
demande à ma mère, j'ai marché à 10 mois, tellement j'étais pressée, tellement je suis zélée quand on me force pas) et non, ça se passera pas comme ça, on te colle une fessée, parce que y'a pas de
raison. C'est couvert de placenta, ça vient à peine de naitre, même pas de la dernière pluie ( dans la salle d'accouchement, y'a pas de fenêtre, peut-être qu'il pleut mais franchement, on s'en
carre ) et ça voudrait à nous, nous apprendre la vie ? Je m'en vais t'apprendre, tiens !
Pense donc à ta pauvre mère, derrière ses étriers, heures douloureuses, minutes chenues, lactescentes aux seins pis que ça fait trop mal, qu'attend que tu pleures le berceau où il y a quelques
secondes à peine tu fus encore si bien couvée, que tu lui rendes la satisfaction d'un "c'est froid-c'est froid, à l'extérieur". Pleure, petite, c'est l'aube de ta vie, ça se voit à ta
mère, qu'elle est déjà trop pleine de promesses.
Décidément, l'accoucheur est pas amateur de Dolto, et allez faire comprendre à un médecin qu'on ne nait pas femme, on le devient. Pour le devenir, il me faudra longtemps, parce qu'avant longtemps, c'est pas d'une femme dont avaitbesoinma mèreà la maison. A nous deux, on tisse et détisse longtemps les voiles de deuil des pères, on massacre implacables chacun des prétendants.
Et je me figure que c'est là qu'est né chez elle ce réflexe conditionné, cette peur irrationnelle que je quitte la vie trop tôt, avant d'avoir commencé. Et parce que, un instant, elle m'a cru
morte-née, elle s'imagine que, me gargarisant demon
immortalité, je cherche la camarde, en toute ingratitude - ma petite n'a pas pleuré
au déchirement du cordon, m'attend sereine devant le métro quand je la perd dans la foule, me tapote le dos et sa montre, bat des ailes en riant à l'heure de quitter le nid, quitte mes bras sans un
regret pour un amour naissant, ironies toujours tragiques en fin d'histoires un peu grecques. Toujours, elle s'imaginera que j'ai sauté dans le lit du métro - quel beau Deus Ex
Machina - quand je suis simplement tombée, que c'est arrivéet tout
cela peut arriver de nouveau, bien que la vie - de tout, même de ma mère, c'est elle la plus fidèle - me tienne de la part d'écume des perpétuels rescapés et, toujours, ses promesses.
T'as fini de trainer au lit, c'est l'heure de l'école de la vie. Ah merde c'est une fille, et bien vivante cette fois-ci. Appelons-la Mona ( vulve, en
argot rital ) et remettons-nous vite au lit.
Pour la beauté de l'exposé, je pourrais essayer de me figurer ce qu'en pensa le père, de cette 1ère fessée, imaginer qu'il se frottait les mains à l'idée de mettre légitiment en pratique les conseils du médecin. Mais il ne leva jamais la main sur moi. A dire vrai, il n'avait de mains et d'yeux que pour ma mère, qui n'en avait que pour moi. Moi, qui étais si aimante, si docile, à
l'époque, si bonne élève à l'école de la vie. Vive et précoce, en tout, un peu trop. A voir comme je trainais au lit à l'heure de l'école, comme je suis lente aujourd'hui, tout ces lustres
d'analité d'avoir été trop tôt au pot, je me suis probablement foulée quelque chose, à l'époque. J'ai parlé aussi très tôt, son prénom fut mon premier mot. Le premier, au nom du ciel, oh nom de
dieu, au nom de la mère ! Né-Mo. Premiers ramages, premières syllabes. Ma mère bat la mesure, articule, mon père martèle : Pa-pa, pas Né-Mo. - Né-Mo, pas Pa-Pa. Premiers
syntagmes, premiers babils. Ils ne font risette que moi, Né-Mo bat des deux poings la mesure sur ma mère, ma mère balbutie des excuses pour ma résipiscence. Ma-Man s'est encore pris une porte. Je répète, docile, ce qu'on
me dit de dire. Je comprends pas bien les coups, elle les prend à ma place. Mais je dis Né-Mo, pas Pa-pa, c'est que ça se mérite. Qu'il sonne comme une fausse promesse, ce nom-là
. On cuit pas un riz en trois minutes, on fait pas un "papa" en 3 ans, sans un regard, sans vous toucher, même pas du plat de la main. Avant de perdre un oeil, je fus voyante aveugle, mouflette de
Né-Mo, avant que miette d'Ulysse.
Et trop longtemps, il fallu que je me batte pour lui, à sa place, que je télémaque et que j'ulysse, que je dédale : colère du père, sang du fils, mort du fils, ressusciter, priez pêcheurs, pécheurs
les pères, pécheurs les fils, liquides les mères, les filles, li-qui-der, liquide est la fille, file petit ruisseau, au lit, fait grande rivière, à l'eau, à l'eau, au lit de tous les fleuves te
mener à la mer, alliance perpétuelle signée avec la vie, profonds fonts baptismaux, direct au fond, tête sous l'eau, retour surface, remonter Jourdain, les cols de la vie, et les puits, puis
trainée, trainer encore, icare, dédale encore aussi, s'épuiser, et puis, et puis... Heureuse qui comme Ulysse. Heureuse comme la truite remontant le torrent. Heureuses les simples qui miracle sur miracle,
hydropisie expurgée, j'étais-aveugle-mais-maintenant-je-vois-lève-toi-et-marche, sans avoir jamais eu à prêter serment de foi. Heureuse qui voit la fin de l'odyssée, qui plus que l'air
marin, la douceur angevine.
Là. Là. C'est fini.
Si je me bats encore, de loin en loin, à l'école de la vie,
j'en ai assez de trainer, pas après pas, ma vieille Télémachie. Là. C'est fini.
Mais pas la vie, pas à pas. Pas la vie. Pas encore.
Pas dans mes rêves, miracleS de la Vie.
bon alors la miss, tu reviens aux platines? (hey, je parle pas de ta couleur de cheveux, hein...:) bises!
Commentaire n°1
posté par
sabine
le 29/06/2009 à 19h33
Ooooh Sabine ! Toi zici zozo !
Bah, tu sais ce qu'on dit, qu'il n'y que des preuves d'A-. Comme ces temps-ci, elles se font rares, tout comme les oeillades, je m'apprêtais à bouder fermement jusqu'à la rentrée, ou presque, ou
jusqu'à que le ferme ennui d'août pousse quelques pauvres hères à se perdre par ici ou que sais-je encore...
Mais l'appel du forage a toujours plus forte raison, je m'en d'ici peu hurler à la lune.
Ceci dit, permets-moi de te jeter la poussière dans l'oeil, ça fait un moment que l'on n'a plus la moindre nouvelle de Charlie...
(Küsse)
hey, mais c'est parce charlie est en cours de finissage. cette délicate étape se faisant "hors- champ". dis, je suis a paris la première quinzaine de juillet. j'espère que ton passage under the underground ne m'empêcheras pas de te voirs hors cadre des festivités mondaines obligatoires de rigueur, et que tu acceptes de te faire offrir des petits cafés (par moi)?
Commentaire n°2
posté par
sabine
le 30/06/2009 à 19h59
Ooooh non ! Tu finis Charlie ? Tu es sur le point de conclure ? Ché tristesse, moi qui trouvais tant de charme à cette belle abstinence créatrice... Les 20 dernières minutes de
Quand.H.R.S me retombent dessus, j'ai toujours trouvé l'happy-end du film super triste.
En revanche, j'ai hâte de te revoir sous nos cieux (tu seras là pour l'ouverture de l'UDO, du coup(?)!). Tu as du te douter que mes flirt avec les wagons, mes poches vides, mes emménagement m'ont
forcé à repousser mon escapade Berlinoise (y'a des chances pour que je te suive de près à ton retour. Seule, ou accompagnée, mais j'en démordrais pas, et je veux, J'EXIGE de Kit-Kat-Cluber, seule
ou accompagnée.
Lobject est assez ressemblant,mais pas le proprio et puis il t'a emmené au baby foot à l'age de ta premiere dent sans moi ce nemo
Commentaire n°3
posté par
MamanLeila
le 01/07/2009 à 09h02
Yep, cigarette en chocolat, et mentalo, "je sors un peu la gosse" = "je vais au bistrot"...
Mais ! Mais ! Qu'est ce que je raconte (et toi aussi !?), tout cela n'est qu'une allégorie, enfin, voyons !
(Amusant, tout ces points d'exclamations, chaque fois que c'est à toi que je réponds)
bises!
Bah, tu sais ce qu'on dit, qu'il n'y que des preuves d'A-. Comme ces temps-ci, elles se font rares, tout comme les oeillades, je m'apprêtais à bouder fermement jusqu'à la rentrée, ou presque, ou jusqu'à que le ferme ennui d'août pousse quelques pauvres hères à se perdre par ici ou que sais-je encore...
Mais l'appel du forage a toujours plus forte raison, je m'en d'ici peu hurler à la lune.
Ceci dit, permets-moi de te jeter la poussière dans l'oeil, ça fait un moment que l'on n'a plus la moindre nouvelle de Charlie...
(Küsse)
En revanche, j'ai hâte de te revoir sous nos cieux (tu seras là pour l'ouverture de l'UDO, du coup(?)!). Tu as du te douter que mes flirt avec les wagons, mes poches vides, mes emménagement m'ont forcé à repousser mon escapade Berlinoise (y'a des chances pour que je te suive de près à ton retour. Seule, ou accompagnée, mais j'en démordrais pas, et je veux, J'EXIGE de Kit-Kat-Cluber, seule ou accompagnée.
Mais ! Mais ! Qu'est ce que je raconte (et toi aussi !?), tout cela n'est qu'une allégorie, enfin, voyons !
(Amusant, tout ces points d'exclamations, chaque fois que c'est à toi que je réponds)