Vendredi 19 juin 2009

Depuis que je me suis mis à faire l'exégèse du choix du CinéCleub, j'entends la voix de Patrick Brion présentant un nouveau cycle (je préfèrerais celle d'Hitchcock ou la magnifique voix de John Hurt, voire celle d'Elvira, voire celle du squelette des Contes de la Crypte, mais la voix, hachée, empruntée, un peu agaçante, un peu comique, du cinéma de minuit s'est gravée pour toujours dans ma mémoire, acouphène de toutes les autres).
Soit.
Cette semaine, donc, j'avais songé à deux Cronenberg (Crash et History Of Violence). Spontanément à Crash. Occasion, me disais-je, de dire quelques mots sur Cronenberg en général et de m'arrêter sur l'évolution entre les 2.
Les 2 sont très proches (un peu comme Eraserhead et Inland Empire, le premier est une longue réponse au 2ème sur le topos de la création, de l'avortement, sur l'oeuvre, l'artiste etc, mais ça mériterait plus de 2 lignes), même constat de départ : Un couple qui s'emmerde, un crash qui remet tout en question, qui vient à point-nommé, que l'on épiait probablement, la désorientation, la guérison, etc. Mais tout 2 diffèrent énormément dans le regard sur ce couple d'une part, son interprétation, et dans la conclusion, surtout. Si Crash à quelque chose de morbide, d'indéniablement fascinant, je crois que je préfère sans l'ombre d'un doute History, plan par plan, jusqu'à cette magnifique scène finale, d'une sobriété et d'une évidence à couper le souffle, où l'on pose une assiette sur la table familiale.

Puis, je me suis rappelée cette jubilatoire réécriture du petit chaperon rouge, qui me permet de faire le lien entre les 3 derniers textes, qui forment à nouveau un triptyque - fixette mathémagique.
Je le trouve indéniablement très réussi et ce, à voir la filmographie oubliable de Matthew Bright, bien qu'il le soit sans doute par accident (jeu de mot à peine méritant d'être relevé - insérer rire ici). Dans l'histoire originale, le chaperon s'en sort bien mal, pourquoi pas, la cruauté du conte a quelque chose de fascinant (comme dans Crash), mais je ne me lasse pas de voir se retourner la fable. Je crois bien l'avoir réécrit moi-même 1 ou 2 fois, en plein délire exuto-expiatoire, il y a plusieurs années. Certes, c'est un peu racoleur, mais je n'ai jamais eu rien contre, si tant est que ça ne se prend pas au sérieux (exemple typique : Requiem for a dream. A à la relecture de Trainspotting, ce film me met dans une colère noire en léger écho à tout le mal que je pense d'Elephant, autre film "réussi" seulement par accident, qui se prend au sérieux, qui... - je me calme, je sens que je m'énerve).

Cette semaine donc, en l'honneur d'un sérieux et magnifique crash (parce que oui, quand même, je veux pas pavoiser, mais c'est pas rien, se prendre un métro), qui s'avère des plus légers au final, deux films qu'on pourrait symétriquement qualifier ainsi :

History of Violence, de David Cronenberg (2005)


&

Freeway, de Matthew Bright, (1997).

Par mezzaLunaSainte-Simone - Publié dans : CinéCleuB - Communauté : Chroniques du temps présent
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