Il est des sujets dont l'humeur chaude et mobile, en vibrant accord avec toutes les sollicitations de l'ambiance,
passe aisément de la gaieté à la tristesse et de la douleur à la joie,
ce sont les cyclothymes.
(Delay, Psychol. méd.)
Je pense
ergo je jabote.
Pour la rime cachée appelons sobrement ce qui suit
nouvelle tranche de vie.
Cartes à jouer,
La Grivoise.
Voyageuse sédentaire, locale-trotter des à-côtés,
j'aime circumnavoguer à Paris.
Pas besoin d'avion pour planer.
Ce qui me plait dans le trip, c'est les rencontres.
Ce qui me plait dans les rencontres, c'est l'exclusivité.
Mon périple n'avait pas exactement bien commencé.
Vérité essentielle sans cesse réexplorée : ne s'attendre à rien
pour jamais n'être déçue et quelques fois agréablement surprise.
En quête d'animaux mythologiques,
j'étais aller muser au pot de la revue Chimère.
J'en ai trouvé plusieurs, dont celles que j'étais venue chercher.
Manque de pot, l'un était pas dispo
et l'autre qui l'est jamais m'a embarqué pour son spot trop in
où je me serais bien fait sauter le caisson
sans les histoires mortelles incontinents-s'abstenir de la demoiselle Caroline.
Que ces contrées sont sinistres quand on a pas picole !
C'est plein de Lerdeux (des-qu'essaient-d'avoir-l'air-de) en plein show.
J'ai rien contre le surlooking si c'est un jeu où on se déguise,
contre l'illusoire qui ne se fait pas d'illusions
ou la superficialité qu'aurait comme qui dirait du fond.
Juste que comme à la Comédia, si le costume permet de reconnaître le personnage, il fait pas le numéro.
J'ai bien regardé la clinquante inconsistance des fats présents et j'ai pas vu
le bout d'une ombre d'autodérision dans ce spectacle-célébration.
Pis c'est d'un pathétique, ces regards faméliques de reconnaissance.
Vraiment, les Lerdeux, lâchez l'affaire.
On se sabote toujours à vouloir être plus cool que les cools.
Baste !
Vite, je dérive de ce bad trip avant l'attaque de lesbienne vindicative.
« Réduite à aller chez Chictype, ça va si mal que ça ? »
Ca, c'est Igor qui se moque.
Igor a tord et je
regrette pas.
Les abords de chez François sont plus dans l'idée de ce que je me fais d'une chire entre amis.
C'est safe, le vin qui coule est gratuit, on t'écoute quand tu parles, on rit quand tu blagues, tu rends la courtoisie et t'es plutôt aimable quand t'as rien à prouver à des bobineux ou des amis
d'ami qui te toisent en attendant que tu prouves que t'es fréquentable.
Et puis le Bien-Nommé a une épaule et j'ai l'humeur un brin grisâtre.
Confortable et disponible l'épaule.
Si j'y pose un peu l'humeur, je le mets pas dans l'embarras.
Il sent bon pas l'homme, un parfum de propre propre au câlin.
A travers la chemise, c'est tiède, ni chaud ni froid c'est rassurant.
C'est un bras qui enlace sans se faire serpent et au bout une main qu'on peut laisser sur sa cuisse sans contracter la jambe.
Mon baromètre remonte à leur fréquentation,
c'est important ces eclaircies pour tenir le coup
entre deux en 2-2 one-shot bestiaux
et 3-4 moments volés à Qui joue avec moi comme avec un jeune chiot (sic).
Je suis juste à point pour une rencontre de fortune
au coin du bief Saint-Martin avec un certain K.
Pour rutiler un soleil encore timide, j'ai trouvé un ancien légionnaire.
Et sans dec, il était jeune, il était beau.
Et il sortait de prison.
M'a montré en guise de présentation sa carte de conditionnelle, je pouvais que lui faire confiance.
Nous voilà donc partis en goguette avec option ravitaillement boisson pour nous raconter nos cicatrices, nos vadrouilles et nos histoires de vieux combattants, les plus terribles soit de nos
amours évidemment.
T'es ben jolie, Ninoun, je sais pas pourquoi je suis pas plus vexé, c'est pourtant pas souvent qu'on me repousse...
Je veux bien croire ses grands yeux verts et je dois bien avouer que je l'aurais eu mauvaise s'il avait rien tenté.
L'est si touchant que j'en rougis quand il s'excuse d'un baiser volé entre les trois fossettes de mes reins, d'une
caresse douce du doigt au pavillon de ma porte à sons qui me laissent entendre dans le noir
son souffle inquiet, de sa pudeur qui respecte la mienne et la fantaisie qui m'a pris de dire non.
C'est aussi que je pouvais pas coucher pour me laisser aller à des trucs d'amoureux dont je suis frustrée même si j'assume pas.
Ca requinque quand un vrai dur vous fond dans les mains comme beurre au soleil.
La Luna a besoin de soleil pour briller et il brille quand elle
se sent belle.
Elle ôte son assassine, ne regarde que toi, t'offre limpidité et sourires en clochettes, pendant quelques
instants courtoisement l'illusion d'être amoureuse de toi.
Je profite sans profit, c'est pas du vol, c'est de la symbiose.
Alors pas un mot.
Mes caprices passent au cap, au large c'est beau fixe.
Pas un mot.
Je bronze.
Légionnaire, Tony Speirs
Epitaphes