Samedi 4 juillet 2009


Fini les 5-4-3-2-1 jours de Miroirs. Rien à ajouter.
Comme dit François : Vivement dimanche !

Par mezzaLunaSainte-Simone - Publié dans : Tout le monde s'en fouT - Recommander
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Vendredi 3 juillet 2009


Igor dit que je fais l'enfant. Que je femme-enfant.
C'est pas nouveau. Alors, bon, j'ai osé, mon Kubrick préféré.

20 minutes de dispute, cette après-midi. Igor qui me chantait qu'aussi belle qu'une balle (perdue), Lolita nie (grave) en bloc. Si lui aussi se met à me parler en chanson, où va le monde ? Il répond : nulle part, entropie, hasard, et me le prouve par l'absurde de mon chaos, partout et surtout textuel, et autres coups sous la ceinture. Ca tombe bien, il sera bien vite justement question de mon cul.
Je passe sur la dispute insensée/absurde, vaste sujet, et revenons aux coups bas.

Femme-enfant. Oui, certes, disais-je, c'est pas nouveau.
J'ai connu des garçons vieux, en peignoirs et pantoufles, passés de l'enfance à vieux, sans adolescence, ou autres traits-d'union au milieu. Pour moi, hier encore, et aujourd'hui encore peut-être, je suis un vieux garçon, une fillette qui a beaucoup vécu. Camille, dirait (en chanson) une jeune fille aux cheveux blanc.
Vrai ! Je suivrais n'importe qui pour une glace, je fais la marelle aux passages cloutés, je caprice, je boude, tape des pieds quand je suis contrariée, déteste attendre, suis toujours en retard, tête mes bouteilles, tire sur ma jupe en regardant en l'air quand j'ai un service à extorquer, j'aime qu'on me lise - en faisant les voix ! - des histoires pour m'endormir, j'ai toujours mal quelque part, surtout quand le bobo est petit,  je MicheLegrand quand je me shampoo-ine les cheveux ( et soyons sincère, le reste du jour durant ), j'ai l'appétit du bas-ventre, l'indolence affective, des rires erruptifs pour une babiole retrouvée, bref ! Comme dit fritz le Freud, une perverse polymorphe.

Parait aussi que ce genre-là, est de ceux qui s'en sorte le mieux - quoi que ça veuille dire.
Et c'est tout le contraire des lolitas.
Sans avoir été particulièrement difficile avant, je dois reconnaitre que ma vie s'est nettement facilitée depuis que je suis pubère. 2-3 ans de rodage, tondage désexualisant des cheveux, des vêtements et dès que ça repousse, on s'réhabitue très vite, à ses petits privilèges.
J'ai croisé une des ces ex Lo, l'autre jour, au super. J'en suis sure, pour en avoir connu quelques unes, à l'époque où je méprisais ces petites, pour qui le sexe était déjà une arme, l'époque où, cependant, je me laissais tout de même un peu séduire - et où j'appris
beaucoup.
Mon regard accroche un mec (plutôt en forme) qui embrasse son môme ( même quand on en veut pas, n'importe quelle animale dotée d'ovaires s'en émouvra toujours plus qu'à la vue d'un chiot à trois pattes ). De derrière moi, on souffle. Un baleine, souffle. Elle me dépasse.
Je vois d'abord, des - qu'est ce qui pourrait définir cette matière ? - disons du beurre - rance - en baratte dans des tongs. Deux jambes intraduisibles. Un CUL - seigneur ! - un cul, qui semblait vivre tout seul, tellement il dodelinait, tellement il prenait de place, je crois que tout Marseille aurait pu s'y asseoir pour pécher la sardine. L'huile lui en suintait du visage, et le fil de cheveu filasse, pauvre sirène !
Elle avait du être belle, comme celle-, ou celle-ci, qui s'était encloquée à 16 ans. Mais passé 20 ans, si elles arrivent jusque là, les Lo finissent toutes au super, du beurre en baratte multiplié par 4 dans le caddy et il ne reste plus rien de leur beauté juvénile, de leur age d'or pré-pubère.

Ce spectacle m'a tellement remué, je ne peux plus décrocher les yeux de tous les culs qui passent. Et je cherche le mien partout, à chaque vitrine, je joue à me faire peur. Je repense à feu-Lo, et je suis obsédée par son laisser-aller, plus ou moins fatal, par mes fesses qui enflent. C'est l'été et je suis amoureuse, à priori, c'est l'heure où j'entre de nouveau dans mon 36 fillette.
Quelqu'un à qui je m'en plaignais m'argumente "who cares, t'as un mec". Déjà, n'importe quoi, et qui plus est, c'est pas une raison pour commencer à payer mes verres.
Et ce raisonnement absurde m'a gonflé toute une semaine, s'est enflé, de cul en cul.
Et à présent, j'ai tellement honte d'avouer que le point culminant de ma dispute avec F. fut un ubuesque doigt qui accuse :
Non mais t'as vu la taille de mon CUL !?

Sur l'insensé, le chaos, je m'obstine, je femme-l'enfant, a dieu ne plaise, et sur l'absurde aussi.
Et rompre pour une histoire de cul, c'est vraiment trop absurde pour moi.
Par mezzaLunaSainte-Simone - Publié dans : HumeurS et CrachatS - Recommander
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Jeudi 2 juillet 2009

(Un truc bien avec Kubrick, c'est que ça peut aussi se passer de commentaire)


En réponse à je ne sais quel message envoyé sur la fin très titubante de ma nuit ( inhabituelle censure de mon Haïde : plus de trace ), F. m'a texté, ce matin, avant d'embarquer. Procès public et contumace.
Rien d'amer, il me semble, je l'imagine mal siffloter c'est criminel ce que tu fais, mais j'en perds pas une miette, allez, à dimanche ! Mais au moment ou je renonçais à le mailer pour m'en assurer, j'ai bifurqué sur les jugements de Salomon.
Puis La vérité, toute la vérité... Le sage rigole doucement.
Troisième jour, je peux retourner ça dans tout les sens, chercher la vérité, mettre la lumière sur toute cette sombre affaire de crime passionnel, je n'en serais pas moins face à faire le choix de Sophie.
Bref, j'arrête avec les euphémismes. [Laughing]
Mettons délit, y'a pas tragédie.
Et puis Héautontimorouménos.

Pourquoi en public, alors ? Pourquoi publier ? Je n'ai pas répondu. A l'évidence, oui : écrire. Mais pourquoi à voix haute ?
Parce qu'alors même que j'avais trouvé ma voix, alors même que je commençais de chanter, il a fallu que je tombe sur sa bouche.


Ca ne pourra jamais marcher entre nous, si tu perds pas rapidement cette habitude de lire au lit.
Quand je ne suis pas excessivement sous influence, je ne peux pas m'endormir sans lire. Et encore, même ivre de fatigue, ou de ce qu'on voudra, j'attrape presque toujours le premier volume me tombant sous la main pour le serrer contre moi, en sorte d'attrape-rêve. Brio, dont la jalousie clinique s'étendait même à la chaise sur laquelle j'étais assise, redoutait mes livres plus que tout. Tout ces morts, à qui je faisais l'amour, juste à côté de lui. Les livres, donc. A lire, ou à écrire, tout un plessis dont il était exclu. Et cette question ne pourrait pas toujours se régler par mordre nuque gauche-arracher PetitBateau. Il y aura toujours un livre entre nous, ajoutait-il (en même temps, y'a jamais eu de nous, faudra que je lui explique un jour, là, je sens déjà trop qu'il est encore bien parti pour me prendre la tête, pour m'attaquer à ça, de surcroit). Effectivement, à choisir, quand je l'aurais aimé, j'aurais, sans hésiter, plutôt perdu l'habitude de lui.
Pourtant, entre deux " je ", un livre peut être un beau trait-d'union.
Tom et moi, nous faisions la lecture. L'un s'endormait rapidement, puis l'autre pouvait lire tout son soûl.
Et il est arrivé qu'F. et moi, on se lecture, à haute voix, chacun sa page, son tour, avant d'éteindre la lumière. Qu'on se lise nos propres mots, même.
Nos propres mots, ou, tour à tour, ses mots à lui, mes mots à moi ?  Nos mots ne se mélangent-il pas ? Deux auteurs, qui se mélangent, n'y perdent pas leur graphie ? Ca commence à drôlement sentir la partoche à 4 mains.

Il y a un mois, j'écrivais un peu F. à Anaïs.
Je lui disais, c'est drôle, rappelle-toi, je me tapais toujours des artistes, des musiciens, bref, des branleurs égoïstes, en étant une un peu moi-même, c'est parfait, ça n'engage à rien. Que j'ai toujours préféré les geeks, les telluriques, les physiciens, pieds prise de terre au sol, pour pas griller quand mes eaux changent de phase, me gardant bien de m'y mélanger, de crainte d'y voir pousser quelque chose d'autre qu'une franche amitié.
Face au mur d'incompréhension de mes contemporains, je devais me contenter d'apprécier seule mes jeux de mots sur d'obscurs vers de Virgile, argoter aussi parce que j'étais lasse de voir béer ou bailler les bouches, tourner les dos, lorsque mon jargon saussurien, mon gradus rhétorique, m'échappe malgré moi, qu'il fallait alors vite reprendre un autre verre et placer le mot cul, tout en ravalant un arrière-goût - injuste, soyons réaliste - de dédain.
Autour d'un café, matin, on jonglait la prosodie d'un auteur ou d'un autre, F. a dit labio-dentale, j'ai manqué le violer.
Bordel, je me pique pourtant
pas d'être tant que ça une intellectuelle du cul, mais quand on trique des mots, l'effet que ça peut faire la langue qui claque sur les dents d'un beau littérateur qui sent bon le Terre d'Hermès !
"Hermès", gardien des routes et du langage, ça lui va bien, et moi qui porte Chance, comme ça se non-marie bien, lui concluais-je alors.

Trop bien ? J'ai l'égoïsme, ma voix qui se trouve, ne veut pas perdre sa propre prose, qui regrettent un peu qu'il n'ait finalement pas choisi plutôt math sup'.
Et ce trait-d'union du livre comme une épée entre lui et moi - pour ne pas dire nous.

Pourtant, en y regardant encore, je vois bien l'originalité que conservent respectivement nos notes, même lorsqu'on chante la même chose. Qu'il n'y pas de fatalité à ce que se mélange juste un peu les souffles - entre deux baisers - pas nécessairement de noeud gorgien qui ne cesserait pas de t'étouffer après.

Igor, dirait sans doute qu'il faut se laisser le temps du choc amoureux (T.M Tourgueniev), ne pas céder à la panique - de la confusion, que chacun retrouve vite sa propre place.
Moi, j'y connais rien, j'ai toujours eu la névrose nécrologique, quand je flippe, j'euthanasie.
Mais à cette heure, j'avoue, j'ai bien envie de vérifier si l'I-gourou a raison, sur ce coup.

(C'est bon, t'es grillé, I-gourou, t'as pas honte de cos-play, à ton age ? )
Par mezzaLunaSainte-Simone - Publié dans : Tout le monde s'en fouT - Recommander
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Mercredi 1 juillet 2009
Une réflexion, De Profundis ? autant te prévenir d'avance, ce sera n'importe quoi.



Indifférence encore.
Je ne peux même pas dire que j'ai vu ce film les yeux grand-fermés. J'analysais avec une précision d'ingénieur en tic-tac suisse. Rarement, un film ne m'a laissé aussi indifférente.
[ ici, en autres ratures, traces de non-sentiments, qu'on ressent ou pas, mais un tas de non- ou de qualificatifs, tout court ]
Je comprenais tout, je savais que je n'avais jamais vu - et ne verrais sans doute jamais plus - un plus juste, plus exhaustif, plus parfait en somme, compendium sur le Couple, seulement, je ne me sentais pas concernée. Que je ne serais, bien sûr ( comme on peut-être candide ! ), jamais concernée.
Mais, mettons qu'il invite à la distanciation, qu'il a, pour beaucoup, reçu le même accueil.

Le " Couple ".
Entendons-nous bien. Je ne parle pas de toute la charrette de substantifs ( avec ou sans, gniah-gniah-gniah, Majuscules ) qu'on colle
au concept - d'ailleurs, à juste titre, mais ce sont d'autres sujets, à ressasser éternellement. Il est question de structure.
D'yeux grands fermés. D'être, de fonctionner à deux. De - qui parle ? - faire des " projets ". D'avenir commun. Et même si c'est juste des projets de vacances, qu'en fait-on ? Pour moi, projets = promesses. Si l'on se quitte, mettons, je l'aurais mauvaise en aout.
Une structure, donc. Des gens qui, à l'autre et toi, demande si vous êtes libres, si ça vous va, si vous... ; des gens qui vous englobent, vous assimilent dans un commentçavavous ?, dans un lezamoureux, des gens qui ne connaissent pas leurs tables, voudraient additionner les poires, les pommes, les scoubidous, mériteraient des Va te faire mettre, il peut être juste mûr et moi blête !
Le couple, cette structure.
Qu'est-ce donc ? Et de quoi cause le film ?
D'imposture. D'imposture, certes. De masques, qui tombent. De costumes (tailleur-cravate), sur les pulsions. D'identités
, au sens kundérien du terme, dissolues ( ici souligner bien gras le corps, le coeur du sujet ).
De tentations. De ça sent le Sapin de Noël. D'amours (féminins plurielles). De désir (masculin singulier). D'odyssée, oui. D'années d'enclos les yeux grand-fermés. De questions, qu'on ne se pose plus, qu'on n'a jamais posées, là, sur la table à manger du salon, sur l'oreiller, derrière deux brosses-à-dents dans un même gobelet. Et de réponses, qu'on a jamais vraiment voulu connaitre. De fait.

Je pense à Thomas.
Lorsque l'on a aimé, réciproquement, nue et nue, que deux fois, la comparaison est inéluctable. Pas les comparer. Se comparer, tenter de comprendre, mais quoi ?
Un mécanisme ?
Non.
Un... Quoi ?
Non. Non, non, et non.
Comprendre peut-être pourquoi la certitude d'un mot qui ne veut rien dire, dit chaque fois autre chose, pourquoi c'est indicible et pourquoi unique ? Peut-être. Mais j'ergote.
Oublions nos gants dans un autre manteau et revenons à Thomas.
To-Ma.
F. se laisse Matt Groening, se prend à vouloir marcher avec moi, à laisser à l'image une seconde chance si elle passe par mes yeux. Si je ne sais pas encore ce que j'apprends (ou apprendrai) de lui, que je serais bien incapable de mettre des mots sur tout ce que Thomas, dans sa candeur, m'a appris, je sais 2 choses que je lui ai transmis.
Des maladies.
D'abord qu'on ne pouvait être nu sans être nu. Tu la sens, dis, ma grosse dichotomie ?
Que l'âme d'un corps que l'on apprend, que l'on connait presque autant que le sien - voire mieux, si l'on considère les angles d'où l'on ne se verra jamais- ne peut rien te cacher. Et s'il arrive à Tom de me punir de secret On ne peut être NU sans être nu, c'est égal, de connaitre son coude, l'arrière de cette oreille, un poil-cheveu au mollet, je sais, et tant pis si ça le désole, pourquoi ce rire bête quand il se retourne Tu-ris-comme-un-âne, qui est au bout du fil à son premier jet phatique, et pour quelle heure, quel jour, ce nuage sur son front.
Et le cinéma.
Parmi d'autres ( films ou souvenirs heureux ), je me souviens d'une après 2001. Nous sommes sortis d'une rétro à l'Action-Ecole, même sourire serein, nous avons marché quelques minutes en silence, mus par le même dessein, sans penser à prendre de raccourcis, puis nous avons passés les 45 minutes suivantes à avoir compris, le pas plus lent, plus rapide, suivant notre pensée, et quand tout était dit, qu'éclata notre bulle, nous avons levé les yeux. Nous arrivions juste au seuil de notre porte. Tout était dit. Sans un mot. L'absolu nous aimait, absolument, comme nous nous aimions, et nous le prouvait, absolument.
Et quand je dis Thomas, au plus-que-parfait, au passé, qu'importe, je dis : Nous, à escient.
Notre langage à nous, nos corps, nos nudités, notre monde, notre absolu. Ce que les chimistes appellent " Fusion ". Comparable à rien. Sans réserve. Sans chasse-gardée.
Pourquoi ai-je quitté Thomas ? Puis-je dire " je ", aujourd'hui, quand je disais toujours Nous, d'un commun accord, puis-je dire aujourd'hui que je l'ai- ?
Evidement que oui, et lui, même, ne s'en offusquerait pas.
Pourquoi
? Je le sais, rétrospectivement. Alors, je peux le dire.
A cause de la fusion, à cause de l'aliènation. De la sienne, avant tout - et sans mentir, je le jure, je l'aimais, je ne lui souhaitais que du bien ( ça ressemble à un cliché de rupture, mais il méritait mieux que moi, mieux que ça, il méritait mieux, une famille par exemple, plutôt qu'une faille, M en vadrouille, co-rongé par mes humeurs acides alors même qu'un pincement de mes lèvres attaquait la sienne comme un piège-à-loup, et mes maladies, mes névroses salissant sa belle santé, ou ne serait-ce que quelqu'un qui ne se contenterait pas de le voir embrasser chacun de ses petits tracas. ). Tentative de définir le verbe-tabou, comme ici appliqué : liberté, mais de l'autre, avant-même la mienne. Un autre, et pas un ou une Galathée. D'avoir été abusée, j'ose à peine utiliser ce qui est devenue formule : C'est parce que je l'aimais, que je l'ai quitté.

Le couple. La fusion.
Et particulièrement, qu'y a-t-il, d'extraordinaire, avec F. ?
La fusion, qui vient, qui monte, qui monte, comme une petite bête.
Et le couple, ensuite, alors ? Ben oui. Le couple. L'araignée nous pend au nez.
Nous. Je m'oublie déjà, tiens, je ne dis plus "on". La Fusion, alors ? Je me souviens d'un soir
-- Ah !  T'en as pas marre de parler de lui ? -- Ben non, j'en parlerais jusqu'à perte-salive, lèvres-sèches, langue-qui-enfle, doigts-qui-bleutent, tu m'écoutes pas, ou bien ? Ecoute encore un peu.
- Un soir, où l'on a cherché, en vain, un point de désaccord, comme on aurait joué au portrait chinois. Du plus évident au plus tordu, à chercher la surenchère, les machins sournois, comme un fait exprès. A la fin, je riais compulsivement ( la picole aidait, certes ), parce que même nos énormités, nos absurdités, on les savait bien. Et on cherche encore. C'est à devenir fou, de s'emboiter si bien comme deux putains de pièces de casse-tête chinois.
Si je cherche notre plus gros clivage, il ressemble à une assiette-terroir où, sa préférence - sa préférence merde quoi ! - va à la charcutaille et moi au fromage. Sa préférence. Et pratique encore. On se bouffe même pas les doigts.
Quelqu'un d'autre, d'autres, des Tourguelaumes, des Juliennes, des Dom-et-Isa-siamois-par-le-cul, des Mes-Potes, des Ses-Potes, des Tutti Sistemati, des Le-Monde-Entier, prendraient leur billet de première, d'à-m'aime le pont et vogue la galère.
Non ! Non, non, et non.

Mais demain.
Trop ivre.

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Mardi 30 juin 2009


ou Excusez moi, docteur, je fol'amour, comment faire pour apprendre à arrêter de s'en faire et à aimer... ou pas.

5 jours pour consulter, la main, encore, sur le bouton rouge, et pourquoi encore ?
Pourquoi publier ça ? S'offrir à voix haute, 5 jours de suite, 1h d'écriture, de réflexion compulsive ?
Pour ne pas l'avoir sans cesse en migraine dans la tête.
Pour me soulager. Panser un peu le mâle qui me ronge.
Pour avoir la paix, le reste du jour. Lui donner une couleur. Et parce qu'étrangement, aussi, j'ai le jour en paix.
Le monde m'a toujours semblé refléter mon humeur. Et parfois, par accident, en intolérable contraste avec elle.
Aujourd'hui, le monde est d'une indifférence que je lui ai peu connu. Les rues transpirent, les gens gondolent de l'asphalte, granulent de bitume sans Vide, mais huileux, font leur chemin plutôt de que vers Rome et se la vis-ma-vie, tranquillement, comme si de rien. Ou vont-il, s'ils ne vont plus à Rome, hein, ou vont-ils ? ( Merdique calembour - fiente de l'esprit qui vole, comme dit Victor - souvenir d'un cours de civi : Pouvez-vous nous dire, mademoiz'L-,qui-révassez, ce que voulait dire ce Romain ? Mademoiz'L-, alors ? La Captatio Benevolentia de ce Romain vous parle ? Sueurs froides - on lit dans mes pensées ? - tout le cours à claquer des dents, mais quel idiot de nom, à la fin, c'est décidé, l'année prochaine, j'arrête la civi et le latin...) Comme si le Monde avait oublié quelque chose, qui , pourtant, irait de soi, ou d'un autre. Le monde fait de la double-pensée. Sans répit. Sans regret. Juste comme d'habitude, sans faire semblant.
Le monde, ou pour prendre un exemple synecdotique, moi, vient de quitter F. Mais comme moi, et le monde, sommes de sacrés lieux communs, nous appelons ça faire une pause. De 5 jours précisément. Une pute ( ou guillemet-journaliste-guillemet ), que j'ai connue, dirait faire un break, mais comme moi et le monde ne sommes pas non plus de belles salopes hypocrites qui veulent cacher une banale envie de baiser à côté de la parenthèse non-conjugale, on ne le dit pas comme ça - en plus, c'est terriblement vulgaire, le monde, peut-être, n'en fait pas grand cas, mais ici, l'état du Monde, c'est moi, et il a toujours raison.
Et sa raison ? Bonne question, c'est part du problème. On y reviendra peut-être ou
- expression irrésistible - sans doute.
Une non-séparation, donc, pour être précise. Avec échéance.
Pas une nouvelle rupture d'enivrisme du soir, givrée de trop mon soûl, fondant dans un trou de mémoire pendant la nuit, dissout au réveil quand j'ai tout oublié de l'avant que l'alcool ne m'assomme où je jurais tous mes saints que je préfèrerais pour tout au monde m'endormir, n'importe-ou-n'importe-qui, que d'avec lui, dissout quand j'ouvre les yeux et que je ne suis pas surprise de le trouver là, languissante, captivée par la promesse à demie dans l'oreiller d'un jour taché de rousseur, d'écorce, cerné de lavande et de lilas, dépigmenté ici et des grains surprise qu'il a, là, là et là et -sourire- tiens ! aussi.  
Pas une nouvelle fracture au sein gauche, infarctus du myocarde absent, imbibée seulement jusqu'aux oreilles, en thrombose, éclatant d'avoir serré la mâchoire sur un truc bête, quelque chose d'anodin qui serre la poitrine, mais qu'un coup de défibrillateur calme ou, le plus souvent, se siphonne seul dès que, descente du niveau de l'alcool, bonde soulevée au fond du grand bain de la mer, je consens, je suis d'état à l'écouter à nouveau.
Pas une auto-médicamentation en douce, en lubie et en coué j'efface-j'efface-son-numéro (ah! ces 3 heures de terrasse, en poche, le bouquin d'S.C et Le Chameau à faire signer pour CarRo, ou j'ai, lentement, entré son numéro dans mon répertoire. Ou je me suis répétée, avec délectation, j'entre-j'entre son numéro. Ou je l'ai répété à Philippe, après, j'ai entré-antré-
entends-tu ? son numéro dans mon répertoire. Philippe souriait, je lui disais badaboum, je connaissais déjà le(s) sien(s), on souriait, je lui ai dit, surtout, tu ne dis rien, et il a, évidement, tout dit, tout répété. Badaboum ! Ton numéro, dans Son répertoire. Ah-Ah. Des coups de tonnerres à l'air de rien. Et lui de me dire, quelque jours plus tard, c'est drôle, rire clochette, les gens aiment me parler de toi. Et j'ai rougis de loin, et j'en rougis encore. Badaboum, ça t'en bouche un coin.)
Pas en lubie, en douce, en coué je suis malade-c'est-une-maladie, j'ai l'affection qui gagne et je me laisserais pas faire, on se contamine, je me perds.
Pas...
Pas.
Plutôt un Siouplé Garçon ! un café très serré, l'addition de tout cela.
Plutôt...(asthme Célinien), j'exposerais plutôt ça demain.


Par mezzaLunaSainte-Simone - Publié dans : Tout le monde s'en fouT - Recommander
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Jeudi 25 juin 2009


" L'homme et la femme, l'amour, qu'est-ce ? Un bouchon et une bouteille."
- bouteille à la mer, petit bouchon de la grande odyssée en prose de M. Joie -
" Pa-Pa-pas-Né-Mo, répète "
-Some Penny and Ulysses of mine-



Dans 3 mois à ce jour, quand 4 jours, indiens, seront passés au trépas de l'été, il fera 27 révolutions après la première fessée.
Va savoir si fessée il y eut, j'aime à me dire que oui. Je me figure qu'à mon matin, mes 4 kilos de plis, mon derrière transi - dans tes rêves, miracle de la vie - avait déjà la boude intraitable et la télé-machie. Première friction, premiers maux, premiers pas-pas-pas de ma valse.


T'as fini de trainer au lit, c'est l'heure de l'école de la vie.
"Tout va bien, madame, vu comme elle est rembourrée, elle a peut-être rien senti, mais m'est avis que vous avez là une bourrique entêtée, celle-là, elle comprendra que les coups, je vous le dis, d'ailleurs, tiens, je m'en vais vous apprendre, soyez bien attentive, tout est dans le poignet".
Ta vie commence au 12ème arcane, si tu pleures pas, t'auras la fessée. On coupe le cordon pour mieux te pendre par les pieds. J'imagine maman spéculée attendant que j'hurle bien fort au monde que je suis bien sa fille tant désirée. Sa fille, pas ce premier essai raté, ce grand-frère mort-né qui me manquera toute l'enfance et même longtemps après.
Mon coeur, ma vie, mon âme, qu'est-ce qui te ferait plaisir pour ton anniversaire ? Dis-moi, princesse, tu veux quoi pour Noël cette année ? -- Pourquoi tu continues à demander, si c'est pour chaque fois m'arnaquer, je veux un grand frère, j'en
veux pas de tes poupées.
Résultat, j'en avais 10 - pour compenser - et autres succédanés, et je trouvais moyen de bouder ( elle comprend que les coups, celle-là, madame, on vous le répètera donc jamais assez ? ). Pas parce que j'étais gâtée - non, assurément pas, d'ailleurs, j'étais parfaite, si tu me crois pas, demande à ma mère - mais parce que j'ai jamais rien demandé d'autre à la vie, aux autres, aux horaires de bus ( Quoi, savez pas lire, mamzelle ? C'est écrit là, en petit "à titre in-di-ca-tif" : Redis un peu pour voir que je sais pas lire, et je t'apprendrai à pas pousser sur mes limites du subjonctif ), au pressing qui jure qu'il peut ravoir les tâches de sangria ou à l'étiquette d'un paquet de riz, que de tenir ses promesses. Pas d'en faire. Simplement, de les tenir. Qu'autrement, on se retrouve à faire une crise de nerf parce que le riz est imbouffable, des envies d'aller fourrer dans la gorge du  teinturier une robe à 250 E. irrécupérable pour qu'il s'étouffe avec - mais on peut pas p
arce qu'on se déplace en bus et que c'est trop difficile de s'enfuir en trainant la patte.

T'as fini de trainer au lit, c'est l'heure de l'école de la vie.
Une ingrate, madame, et qui se croit plus maligne, heureusement que le père a la poigne plus ferme.
Donc tu sors tranquille de ta caverne, un peu éblouie, d'accord, t'es pas née aveugle, même, t'es pas encore borgne, et tu t'apprêtes, donc, à faire tranquille, ton petit bonhomme de chemin (et fissa encore, sisi, demande à ma mère, j'ai marché à 10 mois, tellement j'étais pressée, tellement je suis zélée quand on me force pas) et non, ça se passera pas comme ça, on te colle une fessée, parce que y'a pas de raison. C'est couvert de placenta, ça vient à peine de naitre, même pas de la dernière pluie ( dans la salle d'accouchement, y'a pas de fenêtre, peut-être qu'il pleut mais franchement, on s'en carre ) et ça voudrait à nous, nous apprendre la vie ? Je m'en vais t'apprendre, tiens !
Pense donc à ta pauvre mère, derrière ses étriers, heures douloureuses, minutes chenues, lactescentes aux seins pis que ça fait trop mal, qu'attend que tu pleures le berceau où il y a quelques secondes à peine tu fus encore si bien couvée, que tu lui rendes la satisfaction d'un "c'est froid-c'est froid, à l'extérieur". Pleure, petite, c'est l'aube de ta vie, ça se voit à ta mère, qu'elle est déjà trop pleine de promesses.
Décidément, l'accoucheur est pas amateur de Dolto, et allez faire comprendre à un médecin qu'on ne nait pas femme, on le devient. Pour le devenir, il me faudra longtemps, parce qu'avant longtemps, c'est pas d'une femme dont avait
besoin ma mère à la maison. A nous deux, on tisse et détisse longtemps les voiles de deuil des pères, on massacre implacables chacun des prétendants.
Et je me figure que c'est là qu'est né chez elle ce réflexe conditionné, cette peur irrationnelle que je quitte la vie trop tôt, avant d'avoir commencé. Et parce que, un instant, elle m'a cru morte-née, elle s'imagine que, me gargarisant de
mon immortalité, je cherche la camarde, en toute ingratitude - ma petite n'a pas pleuré au déchirement du cordon, m'attend sereine devant le métro quand je la perd dans la foule, me tapote le dos et sa montre, bat des ailes en riant à l'heure de quitter le nid, quitte mes bras sans un regret pour un amour naissant,  ironies toujours tragiques en fin d'histoires un peu grecques. Toujours, elle s'imaginera que j'ai sauté dans le lit du métro - quel beau Deus Ex Machina - quand je suis simplement tombée, que c'est arrivé et tout cela peut arriver de nouveau, bien que la vie - de tout, même de ma mère, c'est elle la plus fidèle - me tienne de la part d'écume des perpétuels rescapés et, toujours, ses promesses.

T'as fini de trainer au lit, c'est l'heure de l'école de la vie.
Ah merde c'est une fille, et bien vivante cette fois-ci. Appelons-la Mona ( vulve, en argot rital ) et remettons-nous vite au lit.
Pour la beauté de l'exposé, je pourrais essayer de me figurer ce qu'en pensa le père, de cette 1ère fessée, imaginer qu'il se frottait les mains à l'idée de mettre légitiment en pratique les conseils du médecin. Mais il ne leva jamais la main sur moi. A dire vrai, il n'avait de mains et d'yeux que pour ma mère, qui n'en avait que pour moi. Moi, qui étais si aimante, si docile, à l'époque, si bonne élève à l'école de la vie. Vive et précoce, en tout, un peu trop. A voir comme je trainais au lit à l'heure de l'école, comme je suis lente aujourd'hui, tout ces lustres d'analité d'avoir été trop tôt au pot, je me suis probablement foulée quelque chose, à l'époque. J'ai parlé aussi très tôt, son prénom fut mon premier mot. Le premier, au nom du ciel, oh nom de dieu, au nom de la mère ! Né-Mo. Premiers ramages, premières syllabes. Ma mère bat la mesure, articule, mon père martèle : Pa-pa, pas Né-Mo. - Né-Mo, pas Pa-Pa. Premiers syntagmes, premiers babils. Ils ne font risette que moi, Né-Mo bat des deux poings la mesure sur ma mère, ma mère balbutie des excuse
s pour ma résipiscence. Ma-Man s'est encore pris une porte. Je répète, docile, ce qu'on me dit de dire. Je comprends pas bien les coups, elle les prend à ma place. Mais je dis Né-Mo, pas Pa-pa, c'est que ça se mérite. Qu'il sonne comme une fausse promesse, ce nom-là . On cuit pas un riz en trois minutes, on fait pas un "papa" en 3 ans, sans un regard, sans vous toucher, même pas du plat de la main. Avant de perdre un oeil, je fus voyante aveugle, mouflette de Né-Mo, avant que miette d'Ulysse.
Et trop longtemps, il fallu que je me batte pour lui, à sa place, que je télémaque et que j'ulysse, que je dédale : colère du père, sang du fils, mort du fils, ressusciter, priez pêcheurs, pécheurs les pères, pécheurs les fils, liquides les mères, les filles, li-qui-der, liquide est la fille, file petit ruisseau, au lit, fait grande rivière, à l'eau, à l'eau, au lit de tous les fleuves te mener à la mer, alliance perpétuelle signée avec la vie, profonds fonts baptismaux, direct au fond, tête sous l'eau, retour surface, remonter Jourdain, les cols de la vie, et les puits, puis trainée, trainer encore, icare, dédale encore aussi, s'épuiser, et puis, et puis...
Heureuse qui comme Ulysse. Heureuse comme la truite remontant le torrent. Heureuses les simples qui miracle sur miracle, hydropisie expurgée, j'étais-aveugle-mais-maintenant-je-vois-lève-toi-et-marche, sans avoir jamais eu à prêter serment de foi. Heureuse qui voit la fin de l'odyssée, qui plus que l'air marin, la douceur angevine.


Là. Là. C'est fini.
Si je me bats encore, de loin en loin, à l'école de la vie,
j'en ai assez de trainer, pas après pas, ma vieille Télémachie.
Là. C'est fini.
Mais pas la vie, pas à pas. Pas la vie. Pas encore.
Pas dans mes rêves, miracleS de la Vie.


Par mezzaLunaSainte-Simone - Publié dans : (Auto-)Portraits - Recommander
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Vendredi 19 juin 2009

Depuis que je me suis mis à faire l'exégèse du choix du CinéCleub, j'entends la voix de Patrick Brion présentant un nouveau cycle (je préfèrerais celle d'Hitchcock ou la magnifique voix de John Hurt, voire celle d'Elvira, voire celle du squelette des Contes de la Crypte, mais la voix, hachée, empruntée, un peu agaçante, un peu comique, du cinéma de minuit s'est gravée pour toujours dans ma mémoire, acouphène de toutes les autres).
Soit.
Cette semaine, donc, j'avais songé à deux Cronenberg (Crash et History Of Violence). Spontanément à Crash. Occasion, me disais-je, de dire quelques mots sur Cronenberg en général et de m'arrêter sur l'évolution entre les 2.
Les 2 sont très proches (un peu comme Eraserhead et Inland Empire, le premier est une longue réponse au 2ème sur le topos de la création, de l'avortement, sur l'oeuvre, l'artiste etc, mais ça mériterait plus de 2 lignes), même constat de départ : Un couple qui s'emmerde, un crash qui remet tout en question, qui vient à point-nommé, que l'on épiait probablement, la désorientation, la guérison, etc. Mais tout 2 diffèrent énormément dans le regard sur ce couple d'une part, son interprétation, et dans la conclusion, surtout. Si Crash à quelque chose de morbide, d'indéniablement fascinant, je crois que je préfère sans l'ombre d'un doute History, plan par plan, jusqu'à cette magnifique scène finale, d'une sobriété et d'une évidence à couper le souffle, où l'on pose une assiette sur la table familiale.

Puis, je me suis rappelée cette jubilatoire réécriture du petit chaperon rouge, qui me permet de faire le lien entre les 3 derniers textes, qui forment à nouveau un triptyque - fixette mathémagique.
Je le trouve indéniablement très réussi et ce, à voir la filmographie oubliable de Matthew Bright, bien qu'il le soit sans doute par accident (jeu de mot à peine méritant d'être relevé - insérer rire ici). Dans l'histoire originale, le chaperon s'en sort bien mal, pourquoi pas, la cruauté du conte a quelque chose de fascinant (comme dans Crash), mais je ne me lasse pas de voir se retourner la fable. Je crois bien l'avoir réécrit moi-même 1 ou 2 fois, en plein délire exuto-expiatoire, il y a plusieurs années. Certes, c'est un peu racoleur, mais je n'ai jamais eu rien contre, si tant est que ça ne se prend pas au sérieux (exemple typique : Requiem for a dream. A à la relecture de Trainspotting, ce film me met dans une colère noire en léger écho à tout le mal que je pense d'Elephant, autre film "réussi" seulement par accident, qui se prend au sérieux, qui... - je me calme, je sens que je m'énerve).

Cette semaine donc, en l'honneur d'un sérieux et magnifique crash (parce que oui, quand même, je veux pas pavoiser, mais c'est pas rien, se prendre un métro), qui s'avère des plus légers au final, deux films qu'on pourrait symétriquement qualifier ainsi :

History of Violence, de David Cronenberg (2005)


&

Freeway, de Matthew Bright, (1997).

Par mezzaLunaSainte-Simone - Publié dans : CinéCleuB - Recommander
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Lundi 15 juin 2009


" Les jambes les plus meurtries de Paris  " ? Je crois que je viens de gagner ma première dan et le niveau national.
A les croire, sans doute, je l'ai fait exprès, histoire d'encore rien foutre pendant que je déménage.
De toutes les manières, je suis une vraie fouteuse de merde. C'est bien connu.


Tom est inquiet, Tom est peiné, Tom me porte, Tom a eu très peur et Tom culpabilise. Pourtant Tom assure. Je le rassure : Lorsqu'il a eu son permis en mai, je lui ai dit que maintenant, il pourrait lui même me conduire à l'hôpital - il y a 6 ans, je m'étais Scar fesse sur la table en verre qu'il avait oublié de jeter. En un temps record, il m'a rassuré, trouvé une bagnole, 1ers secours et jeté la table. Inquiet, peiné, portant, très peur, culpabilité. Je portais un pantalon de lin blanc, je m'étais racheté le même, je le portais hier. Je déménageais la semaine suivante, je déménage la semaine prochaine. Fichue loi des séries. Personne ne prend soin de moi comme lui, c'est notre dernière semaine sous le même toit. Tom assure.
Ce qui faut pas faire pour que tu me fasses faire un tour en bagnole.
Tom rit. Moi, je pleurais après coups -et blessures, quand c'est arrivé. C'est pour ça que c'est arrivé. La parfaite chute d'une vraie dégringolade. Faut que j'expulse ça très vite, ça commence à me faire très mal. Mon genou fait de l'éléphantiasis, j'ai un creux dans le dos, deux bosses à la tête et le nez, surtout, douloureux. Je suis passée sous un métro et c'est la gauche de Bouldu qui me fait le plus mal. Ca et autres petits tracas. Je préviens que j'y mets pas les formes, je publie que pour la forme et pour mémoire cette escalade de ChateauRouge avec descente jusque sous le métro.

On s'en doutait, en même temps, que ça finirait mal, que ce serait encore n'importe quoi. Les anniv de Cyril, c'est l'apocalypse, tous les ans. La plus grosse biture de l'année en famille, avec pas que la famille. Le déversoir fin d'année scolaire, avant le résultat des exams. Et ma famille a à coeur ses traditions. On y tombe dans la Seine, on se bat, on montre nos fesses, on lèche des vitrines, on grimpe sur des caisses pour chanter quand les autres dansent aux milieu de la voie, on s'endort n'importe où, on casse tout plein de bouteilles et on en boit des caisses. Ces soirs-là, on frôle 100 fois la mort et le coma éthylique.

J'arrive donc à ChateauRouge, déjà en alerte.
Relativement tendue-détendue, mais pour l'instant ça va. Je dis pas bonjour à l'autre ex de Romain, qui sait pas trop se faire de copains, ça l'énerve parce qu'il doit l'occuper tout seul. Il commence à me saouler (cocktail sucdecancurasotpulcovodka bleu électrique, c'est bon !) pour me détendre. En même temps, il me saoule encore avec ses bravades lourdingues d'homo qui s'était-trop-longtemps-tu,
ses "on se comprend, entre enculés et souligne *clin d'oeil* " j'assume,  je suis pas la seule " ( ah la geuze ! ).  Puis, gradation, il me spéciale-dédicace-grasse bien fort " tu sais bien que ça me fait pas triquer " quand je lui touche l'épaule en riant (je ris, je commence à être gaie, ça aide). Je lui réponds *clin d'oeil à l'assemblée* " t'es bien le seul et *clin d'oeil à son ex* on sait bien que ça a pas toujours été le cas". Réflexes, dit-il. Mettons.
Ok, ok, il est homo, il me lit, y'a pas moyen. Ok, ok.
Il fait un peu la moue et vient m'en rajouter une couche sur mon érotomanie je-te dis-que-tu-me-fais-pas-bander. Ok,ok. Ce que tu voulais, c'était être moi plutôt qu'avec moi. C'est ça qui te fait triquer. Pour ce que j'en ai jamais eu à foutre. J'essaie de lui faire rentrer dans le crâne que je suis ravie qu'il soit homo, même, je demandais que ça, du platonique, avant de perdre les pédales parce qu'il m'a laissé croire qu'il en crevait de pas m'avoir baiser, mon ami crève à cause de moi, je veux bien jurer-parjurer ce qu'on voudra. Qu'on m'aime toujours avec une bosse qui déforme le pantalon, lui était mon ami. Je sais pas s'il a compris, mais j'entends deux bouchons qui sautent, je saute sur le champagne.

Je suis encore plutôt alerte. J'avise le répondeur de F., plaisir gratuit de sa petite voix champagne.
Si je fais pas triquer cet homo-là, j'ai plus de chance avec les filles, même hétéros. Et j'y suis pas insensible. Je sais pas ou elle les trouve, super filon inépuisable, les copines d'Alice sont toujours bandantes et rock&roll, j'ai bien envie de faire amie-amie. L'une vient me faire du rentre dedans, jolie petit grain de beauté au coin de la bouche, bien joli brin la mouchetée. Elle me parle que de cul, je lui réponds seins, elle répond les deux. J'ai deux mains, deux yeux qui me sortent de la tête, l'eau à la bouche. Je cherche des yeux une chambre à l'ombre des yeux pour nos mains et nos bouches. Ce serait trois fois rien.

Je file appeler F. pour me remettre les idées en place, je commence à avoir les crocs, sur l'écran, message d'alerte.
C'est Igor. Il s'est fait agresser dans le métro. Petite descente. Je m'alarme. Fausse alerte, rien de grave. Il frime un peu, me dit qu'il s'est pas laissé faire. Il est pas trop abimé, alors je lui dis que je suis très fière de lui. Les hommes de ma vie sont des vaillants qui ne se lassent pas de crier " regarde maman! " quand il font la roue. Des enfants ! F.,  Igor et Tom - évidement, les hommes de ma vie sont des enfants, des rois, des héros. Pas des Quichotte, mais des Quijada. Derrière moi, la soirée dégénère un peu, le pote de Paco continue à chercher tout le monde, des verres se brisent. Je commence à m'inquiéter. En fait, un truc en particulier m'inquiète, autant pas y aller par quatre chemins. 
  
F. ne répond pas, ne rappelle pas. Je suis en warning, la pente est glissante, quand Cyril veut faire la paix, je sais comment ça finit.
Cyril, l'Androgyne. L'amitié torride, la baise chronique, toujours ratée. Une vieille histoire de fierté déplacée, de pudeur et de malentendus, mode It's smell like teen spirit. Quand je l'ai rencontré, c'était déjà un mix entre Edward Furlong et Kurt Cobain. Il portait des chemises à carreaux trouées, des épingles à nourrices à ses manches, ouvrait ses bières sur le bord des tables en salle de perm, des bandeaux sur les poignets qu'il s'était ouverts avec des ciseaux un jour qu'il s'ennuyait. Ce SEX-SEX-SEX qu'il lui clignote partout sur la peau, une balade rue Saint-Denis, et ses manières de me signifier que réciproquement. Des envies de se faire outrage mais qui passeront jamais avec une nuit isolée, trop de pudeur, trop de tise, et je préfère qu'on reste amis. Et chaque fois qu'on baise, un petit ressentiment qui grandit, jusqu'à ce que ça explose. On se rabiboche, on se rapproche et on scelle notre amitié dans un plumard. Et rebelote. Hier, il me fait un grand sourire de drague, il phéromone, il s'excuse, on se réconcilie.

Alerte rouge ! F. ne répond toujours pas. Je fais sonner, 5ème message.
Je retombe sur Cyril dans la cuisine, je lui dis que je peux pas saquer sa meuf, que c'est promis je suis pas jalouse, même si je le trouve toujours sexy. La pote d'Alice nous rejoint, je suis à 2 doigts de me péter le frein. Mon roi, mon royaume pour une chambre. Je serre les dents, Bouldu rôde, murmure quelque chose à l'oreille de la meuf de Cyril qui raboule. Je file appeler F. Cyril embrasse sa grue, lui dit quelque chose, je le vois
serrer les poings dans ses manches derrière le dos - chez lui, signe qu'il ment, qu'il est mal à l'aise, je suis une idiote et F. ne répond pas, Je vais pas foutre en l'air tout ça pour une mauvaise baise de plus. Je crois pas qu'il foutrait en l'air son confort bourgeois pour ça non plus. Alors, je décide de payer l'ardoise que je lui dois. Que sous ces histoires de baise, de fantasmes à tuer, c'est surtout les sentiments que j'assumais pas. C'est bête, mais je me sens tout de suite mieux.

Il est 5' du mat et j'ai réglé presque tout mes comptes. C'est le moment de lâcher la dernière bombe.
Les hostilités sont ouvertes et je fonce sur Bouldu. Je l'attaque ouvertement, un ou deux vilains mots. Il me bouscule en plus de les rendre. Je demandais pas mieux. Je le secoue, il m'en met une sur le pif. Je le chope par les cheveux comme une furie en lui mettant des chassés. C'est aussi jouissif que la fin de Deathproof. Et alors que je m'apprête à lui filer le coup de grâce, sorti de nulle part, le pote de Paco déboule en voyant là l'occasion inespéré qu'il a cherché toute la soirée. Il m'attrape, engage Bouldu à me mettre une raclée. On nous sépare, on le vire, les filles viennent me réconforter, je me pose dans la cuisine, Tom me tient bonne compagnie. La soirée continue sur sa lancée, personne n'est vraiment choqué. Michel, qui 4 heures plus tôt était si content de me voir, me noyait sous les déclarations d'affection, mon obstination à foutre en l'air "notre belle amitié", vient me faire la morale putain-de-fouteuse-de-merde ! Tom convient que c'est du foutage de gueule, me prend par le bras, catégorique : " On se casse ".

On laisse le champ de bataille, j'ai plus la moindre envie d'entendre F.
La pression retombe, la guerre fratricide est enfin finie, les torts partagés, l'innocence reconnue, ma garde est tombée, je suis libre. Je me crève de larmes de soulagement (je suis liquide-liquide, en ce moment). L'armistice aveugle, embuée, en sortant du métro, je prends une dernière rafle. Alors que la rame repart, ma jambe glisse entre deux wagons, la roue me tord le genou, m'étend au sol, me râpe. J'en réchappe par miracle. Je boite un peu, mais c'est pas nouveau. Dans une semaine, je serais de nouveau capable de danser.

Je ressemble à une victime de guerre, mais je suis une vraie miraculée, de ces derniers mois, de ces dernières années, de l'underground.

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Samedi 13 juin 2009

Lucrèce attendra, c'en est un avant-goùt, sous l'influence des liquides et des poissons sexys, de ma mère qui eût la bonne idée de me rappeler que Tom est né le même jour que mon père (avec un air de lever les sourcils que je pige pas et que je trouve un brin malsain)
un
De profundis a plu cette nuit, éclair de lui, voici, voici l'orage(tm).



Je me suis souvenue de ça. C'est remonté d'un coup dans ma gorge au réveil, liquide, liquide. Je rêvais de je ne sais plus quoi.
Non. C'est faux. Je rêvais de F. J'étais avec lui dans un bus. Ou dans la rue. Ou les deux. Puis ici. Puis ailleurs. Des trucs anodins. Mais j'étais avec lui. Et j'arrive pas à trouver ça anodin. Ce type me liquéfie. Et j'en ai honte. Forcément. Alors je dis que je rêvais de je ne sais quoi. Forcément. Ca a rien à voir avec ce truc que j'ai eu au réveil. Mais je sais pas, c'est pas anodin.
Comme un première-personne-du-singulier-apostrophe-accord-du-verbe-tabou qu'on laisse passer peut-être parce qu'il appelle ça faire l'amour (aïe !). Parce que la pièce est noire. Que l'on est ivre. Mais qu'on répète matin. En le trahissant. En le traduisant. En faisant un dessin. Mais transparente quand même, ce type me liquéfie, mais l'eau est pure comme un torrent alpin.
Je crois que je le pense, tiens, je t'ai même fait un dessin.
Une bise condescendante sur le front de l'enfant. D'ailleurs, il a juste répondu merci. Et il m'a caressé la tête. Comme à un enfant. Est ce qu'il ne sait pas que ceux que j'ai laissé me toucher les cheveux se comptent sur les doigts d'un lépreux manchot ? Rien d'anodin. Jamais. Même sans chercher à tout subordonner. Jamais. Rien d'anodin, en soi.

Je suis liquide, liquide, remplie au goutte à goutte. Mais toutes les gouttes sont comptées.

Et je me suis souvenue de ça. J'ai ressenti ce truc en sortant de ma sieste.
J'avais déjà eu ça, une ou deux fois. Lors de rêves érotiques. Des pornographiques, j'en fait pas. Ou peut-être, je m'en souviens pas. Au contraire de moi, mes rêves ne tolèrent que les préliminaires. Les poursuites, la course au nid, l'effeuillage. Ou les pièces couleur matins, odeur d'après-l'amour.
On respire dans ma nuque, soleil me caresse l'épaule, Cartier mélangé à mon parfum, des draps froissés, mes pieds nus, une main sur mon sein, malgré l'ellipse le corps qui-sait-bien. L'abandon, l'intimité, les voluptés de la mollesse, le laisser-aller rare comme un orgasme lacrymal.
Comme cette sensation. Mais là, c'était connexe à rien. Je me réveillais.
Et j'ai senti comme un bulteau de chaleur, une anémone qui se serait mis à ondoyer, se déployer sous un courant chaud. Diffusion liquide, liquide. Un plaisir solitaire, confondant, mon bas-ventre, mon flanc fragile, ma plaie qui ne se referme pas, un coup de couteau dans le dos à mon bas-ventre flanc.
Je me relâche, je n'halète pas, je n'ai pas de ces vertiges d'auto-ventilation, l'hilarité de ce relâchement-là ; j'ai les conduits liquides, liquides, détente de la nuque, le sexe triste, je pleure un peu.
Avant de lâcher mon truc anodin, je riais l'autre nuit en regardant le suçon-morsure sur sa nuque, j'auto-ventilais au matin, vapeur puis liquide, liquide, de le sentir enfin me fuir à l'intérieur. Fuir la question ouverte, vous-qui-entrez-laissez-toute-espérance, fuir La question douce torture, me fuir liquide, partir et rester là.

Brio
dirait surement que c'est un truc à retardement, comme mes vertiges de lendemains de sodomie. Comme mes ruptures pour des conneries quand ça fait des mois qu'on m'encule. Et à sec, pour que ça saigne, que ce soit liquide. Liquide jusqu'à la goutte qui déborde, jusqu'à ma lie.

Après la vague et quelques larmes, je me suis souvenue de ça, donc. La première fois où l'on a regardé sous ma jupe.
Les jours de photo de classe, la maman me collait des jupes. Je jouais qu'avec les garçons, je jouais les garçons, j'étais une fille-manquée. Une photo de mon grand-père, comme font les pauvres, en costume du dimanche, à 4 épingles tout repassé, même les cheveux et la moustache, les mains calleuses cachées derrière son dos, il fait le riche, lui qui n'a plus le sou. Photos de classe pareilles, une jupe pour faire accroire, garder de faux souvenirs. Les photos photoshopent le passé, mythologisent, les photos mentent si mieux que nous. Comme elles trahissent si mieux nos vérités qu'on veut pas voir.
J'ai une jupe et pas l'habitude. A la récré, je joue pareil. Mon premier Julien me pousse, j'y cours après pour le cogner, il s'arrête un peu plus loin, main posée ruse de sioux, genoux fléchis, décoche un trait par dessous ma jupe qui vole, droit où c'est fragile.
Je suis une fille. J'avais oublié.
La tête pleine de contes ( La reine des neiges, c'était mon préféré), j'ai l'éclat de glace, que m'a planté le père 5 ans avant quand l'a quitté sa reine, l'éclat de glace qui fond. Liquide, liquide. J'ai un grand rire qui coule de source. Et je suis si reconnaissante, qu'à Julien, je lui filerais bien toutes mes billes. La fille en moi a toujours été trop naïve.
Je suis une fille, mon secret est éventé. Julien le raconte aux copains, Julien m'attire aux wécés, je le suis sans voir que les copains nous accompagnent.
Perfide ! t'étais une fille depuis le début et tu nous l'as pas montré, ta culotte, va pas maintenant faire ta mijaurée, fais profiter les copains de tes secrets...
Je me sens coupable et liquide, liquide, la plaie qui saigne un peu. A la fin de la récré, je reste dans les wécés. Les copains ont filé, j'explose. Liquide, liquide. Tout ce que j'ai de liquide et de sel y passe, je redeviens glace. Les coups d'épée, je le jure, je le sais, ça fait mal à l'eau. Vaut mieux rester de glace, on renvoie mieux les coups, on reste à la surface quand même c'est toujours liquide, liquide en dessous.

Au printemps, c'est fragile, l'été est presque là et mes hivers sont toujours glaciaux, et liquide, liquide en dessous, en cachette, dans les grottes, les wécés, gorgeant des nappes entières, ou dans l'épaule de Thomas.

Ca me revient encore, ce soir d'orage d'été, la glace qui craque dans l'épaule de Thomas. Larmes de rire, de joie, de libération.
Sauf que les copains savaient bien que j'étais une fille. Qu'alors que Tom me libère, fait fondre ma glace, ça fait déjà des mois qu'ils m'attendent dans les wécés pour me faire payer de pas leur avoir montrer ma culotte.
Je me sens coupable, on me crache dessus. Je me prends des douches de ce qu'on voudra, une dizaine de bonshommes qui se lâche sur une nana au milieu. J'ai l'eau troublé, on la souille pire que dans les pornos hardcore qu'on regardait tous ensemble, en plissant le nez, à l'époque où j'étais pas cette fille qui aurait pu se déculotter pour eux plutôt que pour lui. Tom qui m'a vu pleurer de plaisir croit que j'en prends toujours un peu quand je pleure. Il laisse faire, il m'éponge, liquide, liquide. Jusqu'à se prendre mes éclats de glace, mon hiver en pleine face.
Je suis plus qu'un mur de glace, qui condense parfois sous la boisson. Des vapeurs brûlantes sous pression quand je me remplis de liquides liquides. L'avantage de la vodka, c'est que ça risque pas de geler. J'ai la chair, l'alcool et le verbe violents, qui tombent sous l'alcool, pour les trois je tombe à 4 pattes, triste aussi mais plus liquide, plus liquide. Sauf toute seule. Le liquide, je le garde pour moi. Le plaisir, je le garde pour moi. Le verbe-tabou aussi, je le donnais qu'aux amis, mais ils n'en étaient pas, je le donne plus du tout, ou juste un peu pour moi.
Doucement, je réapprends. Si je leur pardonne pas de m'avoir fait ça, je pourrais sans doute me pardonner de m'être laissée faire ça.
Froidement, je les coince, un par un, dans une ruelle. C'est déconcertant la facilité avec laquelle un mec baisse son froc, des je-t'aime sur la bite, la facilité avec laquelle il oublie que ça le faisait jouir de te voir te vider de ton sang. Liquide, liquide, de gré ou de force. Moi, j'ai pas besoin de les forcer, ils me suivent de gré dans les wécés.
Je disais oui, je pensais non, rien n'a changé, contente que t'aies oublié, je vais t'enculer à sec et puis te les couper, et t'auras rien vu venir.

Te la couper, tu pourras plus faire de mal, j'ai la plaie trop fragile qui se referme jamais. Quand je suis exsangue, je deviens sirène, je les attire, je chante, mais je suis carnivore, toujours assoiffée de sang, de leur corps caverneux, je m'abreuve avec férocité, pour redevenir liquide, liquide au dedans.
Ou un sphinx, peut-être bien, comme me disait Romain, dévorante jusqu'à ce que je tombe sur un Oedipe qui déjouera mon énigme. J'avais pas pigé que je n'en connaissais pas moi-même la réponse.
Petite, je m'imaginais déjà l'enfer froid, je savais déjà que c'était les autres. Mais je croyais aux héros. J'attendais " l'homme ", comme si eux seuls possédaient la clef de tout les secrets, de toutes les énigmes, même la mienne. Mais cette vieille énigme est une imposture, la réponse est plus obscure encore que la question.
L'homme. Je sais pas ce que c'est. Mais ceux là n'en étaient pas.
Pas plus que moi. Moi, qui suis liquide, liquide.


Je l'ai laissé regarder sous ma jupe, il y a posé un baiser qui guérit. Il a juste dit merci, mais ça n'est pas si triste, pas de quoi se mettre dans tout ses états. D'autant que, plus ça va, plus je me plais bien à cette température, sans l'imposture de faux oui, de faux non, ni trop chaud, ni trop froid, juste liquide, liquide et la source vive.

( Merci Tomage(tm), mon Héros, pour les piX )

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Mercredi 10 juin 2009
Bansky (TM)

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Et pas que !
...
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